Piratage et streaming légal

Piratage et streaming légal

La nuit est tombée, et vous avez enfin terminé votre journée de travail. Bien entendu, vous n’avez nulle part où sortir - tout est fermé de toute façon. Comme beaucoup de gens, vous passez une partie de vos soirées devant votre série préférée.

Vous lancez Netflix, et réalisez que vous avez déjà regardé toutes les séries et les films qui vous intéressaient, ou presque. Il y a quelques années, le choix était bien plus vaste et vous pouviez quasiment tout voir pour 7.99 dollars par mois. Et maintenant ? Si vous voulez voir un film Disney, il vous faut un abonnement Disney plus. Vous avez envie d’un voyage nostalgique au pays de Friends ou de Desperate Housewives ? C’est vers Hulu ou Prime Video que vous devrez vous tourner. 

Découragé, vous commencez à taper “regarder Game of Thrones gratuitement” dans votre moteur de recherche. En moins de 5mn vous avez accès à l’intégrale de la série en bonne qualité et en VO. Vous vous souvenez aussi que votre sœur vous a donné ses codes Disney + que vous n’avez pas encore testés… vous retrouvez le message qu’elle vous a envoyé et créez un profil gratuitement, avec ses identifiants.

Fragmentation de l’offre

Le nombre total d'abonnements à des services de streaming dans le monde a dépassé le milliard, selon les nouvelles données publiées en avril 2021 par la Motion Picture Association. A l’heure actuelle, pas loin d’une dizaine de services de streaming sont en concurrence les uns avec les autres. Pour chacun de ces services, il faut un abonnement, un compte différent, un identifiant et un mot de passe à retenir pour chaque compte, une application sur votre téléphone, votre pc, votre télévision connectée -  et surtout, il faut les payer. 

L’histoire d’amour entre le piratage et le streaming légal

A l’origine, le succès des plateformes de streaming légal s’explique en partie par les habitudes de consommation prises dans les années 2000 et 2010 par les adeptes du peer-to-peer, puis du streaming illégal. Regarder la "télévision" sur son ordinateur devient alors une habitude.

Lorsque Netflix propose la quasi intégralité de ce contenu regroupé au même endroit, beaucoup de gens se détournent alors du piratage - moins risqué, pratique, pas cher, avec un catalogue très vaste, le service répond aux besoins du plus grand nombre. L’apparition des télévisions connectées facilite encore le développement de la compagnie.

L’essor de Netflix semble alors une réponse au piratage - au vu du prix, pourquoi prendre un risque, pour obtenir un contenu de moins bonne qualité, puisque tout est disponible au même endroit, pour une somme au final très faible ? 

Mais cette version de Netflix renforce aussi un comportement de consommation que l’on pourrait résumer par “j’accède au contenu que je veux, quand je veux, que je paie ou pas”. 

L’entrée de cette multitude de nouveaux acteurs obligerait désormais à prendre quatre ou cinq abonnements différents pour pouvoir regarder tout ce que l’on veut. Par ailleurs, la disparition de certaines séries de leur service de streaming préféré apparaît parfois comme une trahison pour les utilisateurs – les clients de Netflix ont été particulièrement émus par la disparition de la série The Office par exemple.

Au lieu d’accumuler les abonnements, les utilisateurs se tournent alors à nouveau vers le piratage. La rapidité, l’aspect pratique  - comme avoir tout le contenu désiré regroupé au même endroit et des applications bien conçues - seraient tout aussi importants que la gratuité, selon de nombreux utilisateurs de sites pirates. L‘interface des sites illégaux s’améliore d’ailleurs de plus en plus jusqu’à dépasser en confort d’utilisation certaines applications de streaming légal.

L’offre légale n’est plus assez concurrentielle

A l’heure actuelle, le piratage représenterait une perte évaluée à 30 milliards de dollars pour l’industrie du cinéma - mais certains avancent même que ce serait le double. Le streaming illégal représente environ 80% du piratage. Il semble difficile de penser que le piratage disparaîtra, tant que cette fragmentation de l’offre demeure. Seule une offre abordable et pratique permettrait de le faire diminuer. 

La plupart des pirates ne ressentent pas de culpabilité en téléchargeant ou en regardant du streaming illégal - de nombreuses études ont montré que ce sont ceux qui dépensent le plus en offre légale qui consomment aussi le plus de contenus piratés. Puisqu’ils paient déjà, pirater ce qui n’est pas disponible sur les services payants leur paraît moins grave.  

Le passé nous a montré que l’on ne pouvait plus faire peur aux gens avec des mesures légales. Le risque d’infecter son ordinateur avec un virus est à l’heure actuelle bien plus effrayant que celui des poursuites légales dont les particuliers pourraient faire l’objet.

Les politiques purement dissuasives ont montré leur inefficacité

Comment, alors, éviter le piratage ?

Il faut impérativement passer par une amélioration de l’offre légale disponible, elle doit être pratique, de bonne qualité, avec un choix vaste.

Un retrait systématique permet malgré tout de limiter fortement la consommation de séries et de films piratés.

En effet, si le contenu est difficile à trouver et de moins bonne qualité, les utilisateurs ne perdront pas leur temps à le télécharger ou le visionner sur un site de streaming illégal. Ils ne prendront pas non plus le risque de voir leur ordinateur infecté par un virus. Tomber sur une série dont il manque plusieurs épisodes par saison, et / ou dont chaque épisode doit être téléchargé ou regarder sur un site différent décourage fortement les pirates. 

Faire retirer tous les liens illégaux est un processus long et parfois complexe et qu’il faut recommencer sans cesse. Sans une veille régulière, le contenu réapparaît très rapidement. 

Le mieux serait alors de faire appel à une entreprise spécialisée, pour profiter de ses outils et de son expertise !


La semaine prochaine, nous parlerons de l’usurpation d’identité sur les médias sociaux.


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